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Interview de membres de CWTACH

30 Octobre 2017

Renata Mäusli a mené des entretiens avec trois membres CWtach qui lui ont confié leurs expériences et nouveaux acquis, pour certains de manière très personnelle, quant aux divers workshops suivis. Nous nous réjouissons de pouvoir publier ces interviews et remercions Bertha Heller, Mieke Visscher et Michel Stadelmann de tout cœur pour leur collaboration et leur franchise.

Interview par Skype de Michel Stadelmann – 1.9.2017

RM: «Il y a onze ou douze ans, alors que tu en avais 27, tu as commencé le Taijiquan. Combien de stages d'été as-tu fréquenté et avec qui ?»

Michel Stadelmann: «J'ai déjà participé à 10 stages d'été, auprès de Regula Stehli, à Sessa (TI).»

RM: «Cet été, tu étais donc au stage organisé par Regula. Qu'est-ce qui t'a motivé à participer (à nouveau) à cette semaine de cours ?»

MS: «En quelques mots, cela me fait du bien, me remplit d'énergie et me permet de lâcher-prise. Je connais Sessa et je peux ainsi organiser cette semaine intensive simplement et rapidement. 

RM: «Qu'as-tu pu expérimenter de nouveau, en matière de Taijiquan, au cours de cette semaine ?»

MS: «Lors de ce stage, j'ai pu mieux conscientiser la liaison avec le point Bai Hui et en même temps aussi mieux me relier avec le bas, mieux lâcher. Ainsi ma posture est plus droite et Dantian se développe.»

RM: «Pourrais-tu nous parler d'une expérience clé, en lien avec le Taijiquan, vécue durant cette semaine ?»

MS: «Lors d'entraînements intensifs, ma progression me paraît plus sensible. Sortir du train-train quotidien devient possible.

Les expériences clé sont toujours innombrables. Je peux aussi investir plus d'énergie et d'attention dans les entraînements. Chaque année, un autre thème m'accompagne. Par exemple : «se laisser porter par la terre ». En ce qui concerne les années précédentes, il faudrait que je me replonge dans mes journaux intimes pour en retrouver les thèmes, mais cela nous mènerait peut-être trop loin ! »

RM : « Quelles difficultés et/ou quels défis as-tu rencontré au cours de la semaine ?»

MS: «Être confronté à moi-même, à mes pensées et à mes démons intérieurs.

Langueurs et douleurs peuvent se manifester. Je dois alors me pousser et me motiver à continuer les entraînements.

Des émotions plus profondes encore peuvent émerger : rage, peur. De ne pas m’en laisser submerger est difficile et de laisser couler ces émotions au travers de moi-même.»

RM: «Comment vis-tu, après cette semaine de stage, ta pratique du Taijiquan ?»

MS: «Je vais plus régulièrement aux entraînements de sorte à garder au quotidien l'état d'esprit Taiji. J'arrive mieux à centrer mon énergie dans Dantian et je travaille dorénavant sur mon alignement dans les huit directions.» 

RM: «Souhaites-tu ajouter encore autre chose pour nos membres ou pour les pratiquants d'autres formes de Taijiquan ?»

MS: «J'ai une calligraphie de Maître Chen Xiaowang, qui peut se traduire par «FREE MIND – FREE BODY», tout commence dans la pensée : Penser grand et non petit !

RM: «Je te remercie pour le temps que tu as bien voulu m'accorder et pour avoir partagé tes expériences de la pratique du Taijiquan et je te souhaite naturellement encore beaucoup de plaisir et d'aisance tout au long de ton chemin !»

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RM: «Je te remercie pour le temps que tu as bien voulu m'accorder et pour avoir partagé tes expériences de la pratique du Taijiquan et je te souhaite naturellement encore beaucoup de plaisir et d'aisance tout au long de ton chemin !»

Interview téléphonique de Mieke Visscher - 28.9.17

RM: «Tu pratiques, avec quelques interruptions, le Taijiquan depuis quelque 30 ans, combien de stages d'été as-tu fréquenté et avec qui ?»

MV : «J'ai participé aux stages d'été de Regula Stehli, à Sessa, sept fois et cet été, pour la première fois, je me suis rendu en Allemagne, auprès de Chen Xiaoxing et son fils Chen Ziqiang».

RM: «Qu'est-ce qui t'a motivé à participer (à nouveau) à une semaine de cours?»

MV: «C'était l'opportunité à saisir : faire connaissance de Chen Xiaoxing, un grand Maître venu de Chine et qui, de plus, était accompagné de son fils (il a repris la direction de l'école, maintenant en Chine). Et puis, c'était aussi l'occasion de découvrir comment un autre grand Maître pratique et enseigne le Taijiquan puisque jusqu'alors je ne connaissais que Chen Xiaowang. De plus, le descriptif du stage précisait que Chen Xiaoxing serait en Europe cette seule et unique fois. Raison supplémentaire de m'inscrire ! Enfin, c'était ma manière de remercier Chen Xiaoxing qui perpétue la tradition de recevoir et de transmettre le Taijiquan de style Chen.

RM: «Qu'as-tu pu expérimenter de nouveau, en matière de Taijiquan, au cours de cette semaine ?»

MV: ...(rire). «De nouveau?!…pour l'essentiel, rien de vraiment nouveau dans l'exécution des formes, toutefois, les détails et finesses ne sont pas enseignés exactement de la même manière par les divers grand maîtres. Les mouvements seront plus grand chez Maître Chen Xiaowang (CXW) et donc plus visibles de l'extérieur alors que chez Maître Chen Xiaoxing (CXX), ils sont plus petits, plus intériorisés. Pour les Reeling Silk, les mouvements de Chen Xiaoxing paraissent plus ronds. Un autre exemple, si le standing avec CXW se pratique en position plutôt haute – genoux légèrement fléchis – avec CXX, il se fait en position plus profonde. J'ai senti très fortement au niveau des jambes les corrections qui m'amenaient vers une posture plus basse. Cela m'a demandé des efforts et provoqué quelques suées😊 mais un sensible accroissement de la force de mes jambes était perceptible à la fin de la semaine. Voici donc quelques différences relevées entre les grands maîtres, j'aurais vraiment aimé poser encore davantage de questions sur les visées et les objectifs des différentes corrections, malheureusement ce fut impossible en raison de mes connaissances de la langue chinoise.

RM: «Pourrais-tu nous parler d'une expérience clé, en lien avec le Taijiquan, vécue durant cette semaine ?»

MV: «Oui, d'une expérience sans cesse renouvelée, la connaissance de mes propres schémas corporels et j'ai découvert beaucoup de choses à ce sujet récemment.»

RM: «Peux-tu peut-être nous citer un exemple?»

MV: «Oui, CXX a effectué des corrections que j'estimais beaucoup. Lorsqu'on prenait une posture, il venait vers chacun pour corriger individuellement. Durant toute la semaine, j'ai toujours adopté la même posture – les mains comme des fouets – j'ai constaté que j'étais de plus en plus attentif à la position incorrecte de mes hanches. Chaque nouvelle correction me conduisait un peu plus loin et cela prenait tout son sens. À la fin de la semaine, je pouvais corriger ma position. Cet exemple m'a marqué

RM: «Quelles difficultés et/ou quels défis as-tu rencontré au cours de la semaine ?»

MV: «La position si basse au standing génératrice de sueurs et de tremblements. Toutefois, à la fin de la semaine, mes jambes s'étaient raffermies et le tremblement a cessé, j'ai trouvé le chemin pour le dissoudre. Cela m'a beaucoup apporté pour adopter des positions plus profondes. C'était vraiment captivant.»

RM: «Comment vis-tu, après cette semaine de stage, ta pratique du Taijiquan ?»

MV: «Me demandes-tu si il y a eu des changements ?»

RM: «Oui, par exemple.»

MV: «C'est difficile de répondre. Je ne sais pas si cette semaine m'a apporté des changements significatifs. Je sens que je peux prendre des positions plus basses et la position de mes hanches s'est améliorée. Mais si CXX corrigeait aujourd'hui mon standing, je tremblerais probablement de nouveau tout autant. Je pense que je devrais pouvoir bénéficier de ces corrections chaque semaine car je ne m'astreins pas à une posture si basse lors du standing.»

RM: «Souhaites-tu ajouter encore autre chose pour nos membres ou pour les pratiquants d'autres formes de Taijiquan ?»

MV: «Oui, j'ai trouvé ce stage en Allemagne très harmonieux, très bien organisé et le lieu était très beau, loin du trafic, au vert et très reposant. Il y avait longtemps que je n'avais pas dormi aussi profondément et fais des rêves aussi marquants. Les échanges avec les allemands ont aussi été très enrichissants. Comment pratiquent-ils ? Comment Jan pratique-t-il le Taijiquan ? Cela m'a parfaitement convenu. Pouvoir s'entraîner toute une semaine avec un grand maître, je trouve cela génial. Ce que je souhaiterais, si Maître CXW, revient en Suisse, c'est qu'il ne se déplace pas de lieu en lieu mais, par exemple, qu'il reste une semaine à Macolin – ou dans un autre endroit -. J'arrive mieux à m'immerger en profondeur dans le Taijiquan dans ce type de structure.

En Allemagne, nous disposions d'une large offre diversifiée pour nous entraîner tout au long de la journée. En soirée, je m'offrais parfois un peu de temps libre pendant que beaucoup d'autres s'entrainaient aux formes avec les armes (jusqu'à 21:30 heures). Je trouve bien également que chacun ait l'opportunité de répondre à ses propres besoins.

Au cours de la semaine, j'ai aussi été en contact avec d'autres passionnés de Taijiquan de divers pays tels que l'Amérique ou la Pologne. Cela m'a beaucoup plu. Il y avait aussi un beau mélange entre débutants et avancés.

J'aimerais encore dire aux lecteurs de cet interview, c'est que j'adorerais pouvoir aller une fois en Chine, pouvoir pratiquer sur le sol chinois sous la conduite de Chinois. Il y a sans doute des différences entre l'enseignement d'un élève Suisse de notre grand maître et l'enseignement d'un enseignant Chinois.

Aux côtés de CXX et de son fils, il y avait encore trois autres Chinois (qui enseignent en Chine) ainsi que son petit-fils. Pour clôturer la semaine, ils ont fait une démonstration afin de nous montrer à quoi peut ressembler le Taijiquan quand on s'entraîne beaucoup. C'était formidable et cela m'a beaucoup plu ! Cette semaine m'a paru bien plus chinoise que lorsque nous nous entraînons avec CXW qui est beaucoup plus familier avec l'ouest. Bien que CXX ne parle pas un mot d'anglais il trouve toutefois moyen d'entrer en contact avec les autres.»

RM: «Aurais-tu éventuellement une ou deux photos à partager afin que je puisse illustrer tes propos.»

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RM: «Je te remercie pour le temps que tu as bien voulu m'accorder et pour avoir partagé tes expériences de la pratique du Taijiquan et je te souhaite naturellement encore beaucoup de plaisir et d'aisance tout au long de ton chemin !»

Interview téléphonique de Bertha Heller – 1.9.2017

RM: «Tu pratiques le Taijiquan depuis quatre ans et tu as commencé le Qi Gong il y a treize ans. Combien de stages d'été as-tu fréquenté et avec qui ?»

Bertha Heller: «Durant cette période, j'ai effectué six stages d'été auprès de Cate Wallis, Bienne et Sasa Krauter, Karlsruhe.Je fais en ce moment volontiers deux stages d'été par an.»

RM: «Cette année, tu as fait un stage de Taijiquan en Alsace auprès de Sasa Krauter et un autre auprès de Martin Schmied en Corse, où furent pratiqués le Taijiquan, le Qi Gong le Yoga. Qu'est-ce qui t'a motivé à participer (à nouveau) à ces semaines de cours ?»

BH: «Je me réjouis chaque année de pouvoir consacrer quelques jours à un entrainement intensif. J'expérimente ainsi une autre profondeur dans ma pratique du Taijiquan et ces moments me permettent non-seulement d'effectuer un travail corporel mais aussi de faire en même temps des vacances.

La pratique intensive du Taiji m'aide pour équilibrer ma structure corporelle. Les effets des corrections quotidiennes de personnes qualifiées ont un effet plus durable que celles que je reçois lors des cours hebdomadaires. »

RM: «Qu'as-tu pu expérimenter de nouveau, en matière de Taijiquan, au cours de cette semaine ?»

BH: «Le travail des bases a été central cette année. Nous ne nous sommes pas contentés d'enchaîner les formes, mais nous nous sommes concentrés sur la forme courte. Ma perception et ma compréhension de cette forme sont devenues plus claires et particulièrement approfondies. Cela m'a impressionnée !»

RM: «Pourrais-tu nous parler d'une expérience clé, en lien avec le Taijiquan, vécue durant cette semaine ?»

BH: «Ma réponse est ici la même que pour la question précédente.»

RM : « Quelles difficultés et/ou quels défis as-tu rencontré au cours de la semaine ?»

BH: «pour moi, le Taijiquan est généralement toujours un défi. Je le ressens dans mon corps, et dans mes possibilités de le mouvoir et de l'ouvrir. Par exemple, lorsque je fais un pas, que se passe-t-il avec mon Qi ? Qu'est-ce qui est harmonieux? Mais tout cela est à peine visible de l'extérieur.

Et là, au cours de la conversation, je remarque que c'est un défi que de parler de mes défis (nous sommes d'accord). Pendant la pratique, des questions m'accompagnent telles que : Qu'est-ce que je suis véritablement en train de faire ? J'écoute ce qui se passe en moi, dans mon corps, dans tout mon être ! La pratique intensive me permet de densifier la somme de mes expériences.

Bref : Le Taijiquan n'est pas juste une pratique externe, c'est avant tout le mouvement intérieur, ma conscience qui sont de plus en plus prioritaires. »

RM: «Comment vis-tu, après cette semaine de stage, ta pratique du Taijiquan ?»

BH: «l'intensité de la semaine porte encore des fruits. J'essaye de rester avec cette sensation, cela signifie m'entraîner régulièrement et toujours chercher plus loin le potentiel qui est en moi. Par exemple, j'ai essayé cette semaine de travailler intensément sur mes hanches et j'essaie, avec chaque pas, de restaurer cette ouverture, tant et si bien que cela résonne en moi comme après la correction

RM: «Souhaites-tu ajouter encore autre chose pour nos membres ou pour les pratiquants d'autres formes de Taijiquan ?»

BH: «Je trouve les échanges entre stagiaires très précieux, particulièrement dans les exercices de «Push Hands». Des gens avec des connaissances préalables très diverses (certains sans aucune connaissance) s'appropriaient à nouveau le « Push Hands ». Chacun à son rythme. »

RM: «Je te remercie pour le temps que tu as bien voulu m'accorder et pour avoir partagé tes expériences de la pratique du Taijiquan et je te souhaite naturellement encore beaucoup de plaisir et d'aisance tout au long de ton chemin !»

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